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Maisons modèles | Model Homes (2004 - 2007)
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Jade
2004
43" X 62"
107 cm X 160 cm
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Nadia
2004
43" X 62"
107 cm X 160 cm |
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Roxanne
(Ou l'attente de l'aube)
2004
43" X 62"
107 cm X 160 cm |
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Linda
2006
43" X 62"
107 cm X 160 cm |
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Renée
2005
43" X 62"
107 cm X 160 cm
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| Ellen
2005
43" X 62"
107 cm X 160 cm |
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| Virginia
2005
43" X 62"
107 cm X 160 cm |
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Tiffany
2005
43" X 73"
109 cm X 186 cm |
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Cassandra
2007
43" X 90"
109 cm X 228 cm |
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Catherine
2006
43" X 65"
107 cm X 165 cm |
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Les images de cette série ont été fabriquées à partir de photographies de maisons de banlieue et de maisons modèles, aussi appelées maisons témoins. Le corpus se présente comme une enquête sur les banlieues d'aujourd'hui mais se veut aussi un portrait de société.
Les banlieues ont longtemps été une alternative à l'encombrement des villes. Elles sont devenues populaires auprès des familles qui cherchaient des lieux abordables pour s'établir, offrant la possibilité de devenir propriétaire d'un espace vraiment à soi. Leur expansion est liée à l'émergence d'une classe sociale rêvant d'un avenir plus prospère, plus sain et sécuritaire. Elles se développent parallèlement à un style de vie à l'américaine reposant davantage sur la consommation et l'individualisme. Dans les années 60 et 70, c'est aussi le fantasme d'un " retour à la nature " qui accompagne leur établissement. Les banlieues contemporaines sont produites à grande échelle et plus rapidement que celles que nous avons connues hier. Elles s'installent sur des terres de plus en plus éloignées et leur croissance prend une dimension envahissante qui tend à marginaliser la vie citadine et à faire disparaître la vie rurale. Vivre en banlieue ce n'est plus seulement le choix d'un mode vie, c'est aussi l'un des seuls disponibles.
Les problèmes causés par l'étalement urbain font l'objet de discussion depuis un certain temps déjà. Ce mode de vie nous rend de plus en plus dépendants de l'automobile et de l'industrie pétrolière. Les migrations pendulaires sont des sources majeures d'engorgement et de pollution. On parle peut-être moins du nouveau visage de nos paysages suburbains. Les nouvelles banlieues, ce ne sont plus seulement des zones sans âmes - anonymes, standardisées et uniformes - elles ont au contraire de véritables identités, mais qui sont fabriquées de toute pièce, comme des décors. De vastes territoires sont aujourd'hui laissés à des promoteurs dont la vision relève de stratégies commerciales. Leurs aménagements n'ont généralement rien à voir le contexte original des lieux qu'ils investissent : ce sont des amalgames d'identités culturelles et d'imaginaires calqués. L'habitation y subit le même sort et se retrouve greffée de symboles et de références empruntés à des histoires qui n'ont rien à voir avec la nôtre. On voit apparaître des simili-villages, d'un style que l'on pourrait qualifier de faux-authentique, pastichant des modes de vie disparus. Des attraits pittoresques sont fabriqués, des pseudo valeurs patrimoniales sont inventées pour attirer une clientèle friande de distinctions et de saveurs du terroir ajoutées. Ces paysages factices passent souvent pour du vrai aux yeux d'une partie de la population, créant une confusion entre ce qui appartient réellement à notre héritage culturel et ce qui n'est qu'une valeur marchande de substitution. Ce phénomène génère des perceptions erronées de ce que nous sommes.
C'est à partir de ces réflexions que j'ai amorcé ce projet. J'ai photographié différentes habitations, des maisons modestes aussi bien que des résidences plus luxueuses. Elles proviennent principalement des nouveaux développements domiciliaires de la périphérie de Montréal et des installations d'un manufacturier d'habitations préfabriquées. Par infographie, chacune a ensuite été métamorphosée puis re-localisée dans un nouveau contexte. On peut faire un rapprochement entre mes modèles virtuels et ceux que l'on peut voir dans les catalogues et sur les sites Internet des fabricants de maisons. La composition et le cadrage y sont semblables et mes modèles portent aussi des noms de femmes (une pratique courante dans cette industrie.) Mes mises en scènes sont par contre beaucoup plus étranges et dérangeantes, voire déconcertantes
Le but n'est pas ici de façonner en fonction d'une mise en marché mais d'attirer l'attention sur ce phénomène pour amener un regard critique. Chacun de mes modèles forme un portrait qui développe un aspect différent des relations de nos sociétés à leurs territoires. Ces maisons deviennent ainsi des témoins de notre habitation actuelle du monde.
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The images in this series were constructed using photographs of suburban houses and model homes. This body of work is presented as an investigation into contemporary suburbs, but it also paints a portrait of our society.
The suburbs have long offered an alternative to the crowded conditions of the city. They became popular with families because they offered the possibility of owning one's own home, at an affordable price. The expansion of the suburbs is tied to the emergence of a social class that dreamed of a more prosperous, healthy and secure future. The suburban lifestyle developed in parallel with the American lifestyle built around consumption and individualism. In the 60's and 70's, the growth of the suburbs was also related to the fantasy of a “return to nature.” Contemporary suburbs are being built on a more massive scale and faster than in the past. They're going up on land that is more and more removed from urban centres and their growth has an invasive aspect that tends to marginalize city life and eliminate rural life. Living in the suburbs is no longer simply a lifestyle choice, it is also one of the only choices available.
The problems caused by urban sprawl have been discussed at considerable length. It is a mode of habitation that forces dependence on the automobile and the oil industry. The daily commute into and out of the city is a major source of traffic congestion and pollution. It may be that we now speak less about the new face of our suburban landscapes. The new suburbs are no longer just soulless places – anonymous, standardized and uniform – they have in fact developed their own identities. But these identities are fashioned from whole cloth, like movie sets. Vast tracts of land are now placed in the hands of developers, whose vision is inspired by the strategies of commerce. Developments usually have no connection to the original context of the sites where they are built, they are amalgams of cultural, imaginary and borrowed identities. The housing in these places suffers the same fate and is full of grafted-on symbols and references to histories that have nothing to do with our own. We are witness to the appearance of simulated villages, a style that could be called fake-authentic, a pastiche of vanished ways of life. Picturesque features are fabricated, pseudo-heritage values are invented and the target is clients who like to think they are buying something special with a local flavour. Some people even think that these artificial landscapes are real, leading to confusion between what is really part of our cultural heritage and what is only the market value of substitution. This generates false perceptions of who we are.
It was with these thoughts in mind that I started this project. I photographed different types of dwellings, modest homes as well as more upscale residences. They mainly come from the new housing developments popping up on the periphery of Montreal , and from the facilities of a pre-fab home manufacturer. A computer graphics program was used to alter each house and then re-position it in a new context. Similarities can be drawn between my virtual models and the models found in the catalogues and websites of contractors. The composition and framing are similar and my models also have women's names (a common practice in this industry.) My locations, however, are much more disturbing and strange, even disconcerting … The goal here is not to shape things in order to attract a clientele, but rather to attract critical attention to this phenomenon. Each of my models is a portrait that develops a different aspect of the relationship between our societies and the land they use. These houses thus model the way we really inhabit the world. |
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